Qui est cet éditorialiste "antisarkozyste" acharné hier, et qui lâche Hollande aujourd'hui pour se rapprocher de Sarkozy ?

Qui est cet éditorialiste "antisarkozyste" acharné hier, et qui lâche Hollande aujourd'hui pour se rapprocher de Sarkozy ?
© NICOLAS TUCAT / AFP

Dans son édition datée du lundi 18 avril, le journal Le Figaro publie un papier très intéressant, signé par le journaliste Charles Jaigu, sur la détermination de Nicolas Sarkozy à se présenter à la primaire des Républicains.

La conviction de l'ancien chef de l'Etat, écrit l'auteur de l'article, tient à la différence qu'il perçoit entre le Paris médiatico-politique, qui ne l'aime pas, ou plus, dit-il, et le "peuple français" qui verrait vraiment quel grand homme il serait.

Argumentaire rabâché et partagé, notons-le, par à peu près tous les hommes politiques, repris hélas par des journalistes qui parfois ne réfléchissent pas beaucoup plus loin que le bout de leur stylo.

Ce n'est donc pas cette banalité qui retient l'attention dans le travail de Charles Jaigu mais plutôt une l'ambiance générale, très bien décrite, et quelques informations que voici.

Pour lui remonter le moral, Nicolas Sarkozy reçoit la visite régulière de Gérard Depardieu, par ailleurs copain de l'estime le Vladimir Poutine, et de Michel Houellebecq qui lui déclare: "Ce pays à besoin de toi."

Mais le plus drôle, de mon point de vue, est ici et je cite Charles Jaigu, rapportant une anecdote que lui a confié Nicolas Sarkozy:

Récemment, un éditorialiste en vue, ancien directeur de journal, lui a demandé rendez-vous. Il s'était distingué par son antisarkozysme virulent. "Il est venu me dire qu'il s'était lourdement trompé en appelant à voter Hollande", constate-t-il, amusé par ce revirement.

Cette confidence est intéressante à double titre. D'abord, sur le plan des principes. Par son métier, et probablement son talent, voilà un éditorialiste qui, si on lit bien l'anecdote, a écrit des articles très négatifs sur Nicolas Sarkozy, au point d'appeler à voter pour son adversaire en 2012, rompant ainsi la distance que doit entretenir théoriquement un journaliste avec l'objet de son observation.

Qu'il juge ensuite, et à l'usage, avoir fait une erreur relève de son jugement personnel, et si l'on peut dire de sa conscience. Qu'il éprouve le besoin de solliciter un rendez-vous pour aller le dire à celui qu'il a beaucoup critiqué est déjà plus singulier. Et puisque l'anecdote est maintenant publique, l'honnêteté voudrait que cet "éditorialiste en vue" informe ceux qui lui ont fait confiance de la défaillance de sa pertinence, de ses regrets éventuels, et aussi de ce qui ressemble à un revirement.

Et puis, évidemment, le plus croustillant: le nom de ce zigzagueur du journalisme. Vous je ne sais pas, mais moi j'aimerais vraiment le connaître.

En y réfléchissant, ils ne sont pas dix mille, les éditorialistes en vue, anciens directeurs de journaux. Personnellement, j'en vois deux, mais j'en oublie sans doute d'autres. Le number one, c'est Jean-Francois Kahn, antisarkozyste outrancier, qui fonda le succès éditorial et financier de Marianne sur cette marotte, et fit même signer une pétition en 2008 à quelques milliers de gogos, pétition qui décrétait la démocratie en péril du seul fait de celui qui dirigeait l'Etat.

Liberté de la presse que de bêtises écrit-on en ton nom.

Se pourrait-il que Jean-Francois Kahn ait ainsi mangé son chapeau et partagé un verre d'eau avec Nicolas Sarkozy pour faciliter la digestion? Si tel était le cas, je pourrais presque m'en étrangler de rire.

Moins connu, Denis Jeambar, éditorialiste en vue, oui à un certain moment, directeur de l'Express entre 1995 et 2006. A-t-il été foncièrement antisarkozyste? Possible, oui. Favorable à François Hollande? Oui, nettement. Mais évidemment, si c'était lui, ce serait moins drôle.

Peut-être suis-je en train d'oublier un autre de ces grands noms de la presse. Je m'en excuse par avance auprès de lui. Mais si vous, un nom vous vient, n'hésitez pas, dites-le...

Demeure un principe simple: si un journaliste à le droit de se tromper dans ses jugements, il a ensuite le devoir de le dire à ceux qui lui ont fait l'honneur de le lire.

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